La Question de Conscience
Pour beaucoup d'Américains, la question qui trouble notre conscience est le comportement scandaleux d'un Président, notre cher Donnie J, récidiviste ultime, lanceur d'impertinences et de décrets insensés, tous à une cadence plus rapide que les bénédictions d'un évangélique ...car le fait est qu'une fois que l'on a marre de sa domination médiatique, au moins assez pour s'agacer sur un point précis au point de vouloir le dénoncer, l'histoire offensante s'éclipse. Elle est ensevelie ailleurs sous une nouvelle pelletée de tweets auto-glorificateurs et de déclarations allègrement disparates, souvent tout aussi agaçants que l'offense initiale : cercle vicieux. Alors, quoi faire d'actes homicides (Venezuela - bateaux de drogue) et de transgressions insolentes qui créent un tel ruck que vous ne savez plus par où commencer?
La première étape pour sortir d'un terrain encombré consiste généralement à prendre de la hauteur afin d'avoir une perspective plus large. La gouvernance du régime actuel est soutenue par une "inondation de la zone" des médias par un surcroît d'informations dans la forme d'initiatives nouvelles qui, en bouchant l'actualité par leur nombre, distrait le publique d'informations qui pourraient nuire aux initiatives de ceux en pouvoir. Cette stratégie politique a été suggérée par Steve Bannon, ancien conseiller politique en chef du President Trump durant son premier mandat présidentiel, 2017 – 2021. Elle a depuis été utilisé par d'autres figures de l'extrême droit tel qu'Elon Musk (USA) et Éric Zemmour (Fr).
Aujourd'hui, pendant son deuxième mandat, le déluge médiatique est orchestré par Stephan Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche. Avant tout, nous remarquons la quantité et le rythme rapide des publications de décrets présidentiels, ce qui entrave la compréhension du public, et puis une trainée de décisions que je qualifierais comme aussi néfaste que confidentielle dont les résultats sont annoncés par voie de tweets (en directe de Trump à travers son réseau social, Truth Social) et de fuites ('venus d'ailleurs'), comme dans le cas de l'envoi 10% de la flotte navale américaine aux côtes de Venezuela et Columbia pour les harceler pendant que, dans ses heures creuses, la marine de guerre des États-Unis fait sauter des hors-bords qui passent, soi-disant porteurs de drogues illicites, (25 frappes au mi-décembre : 95 tués, 2 sauvés ). Il convient de noter que ces actions semblent avoir été ordonnées par le duo Hegseth-Trump sans aucune autre consultation préalable.
Historiquement, l'objectif de la gouvernance américaine a été la démocratie, idéalement « du peuple, par le peuple et pour le peuple »
L'intention des responsables du gouvernement actuel est de redessiner notre gouvernement pour en faire quelque chose de très différent. Quel que soit le nom qu'ils choisissent de lui donner, leur intention est d'enfermer la société américaine dans un gouvernement de surveillance et de contrôle, de manière à la fois apparente et délibérément cachée. Pour clarifier ce point, nous devons nous rappeler ce qu'est la démocratie et examiner pourquoi et comment Trump la détruit.
Et c'est bien là le problème, n'est-ce pas ? Je veux dire : nous, les gouvernés, ne vivons pas notre démocratie comme une simple sortie papier ou liste de contrôle. Nos convictions et nos principes de fonctionnement peuvent correspondre à ce que l'on trouve dans les textes fondateurs et les documents critiques, mais pour la plupart des Américains, la démocratie est un héritage précieux ; une valeur avec laquelle nous avons grandi, un ensemble de croyances dont la première est la tolérance des opinions et des modes de vie divergents (à savoir : la liberté d'expression – car sans elle, rien de tout ceci ne serait possible).
La démocratie au quotidien est une conviction partagée qui nous rassure depuis près de 250 ans. C'est peut-être la seule vérité que nous tenons pour une évidence. Nous ne pouvons faire autrement car notre démocratie et notre société ne font qu'un. Sans cette coexistence, il ne peut y avoir de liberté.
Nous partageons un même médium – la démocratie – traversé par les diverses dimensions et fréquences de nos vies. C’est ce médium même qui est notre société et que Donnie J et sa clique de flagorneurs dérobent au peuple américain en choisissant de ne représenter qu’eux-mêmes.
Attaquer notre société, c'est attaquer notre démocratie ; attaquer la démocratie, c'est détruire la société.
Alors, réveillez-vous ! Nous ne vivons plus dans ce que nous appelions autrefois « notre » démocratie ; celle que nous avons construite de nos vies, celle qui nous unit, celle sur laquelle nous comptions pour nos avenirs.
Alors, pourquoi se méfier ?
Dès son entrée en fonction le 20 janvier, Trump a mis l'ICE (Service de l’immigration et des douanes des États-Unis ) à contribution, leur faisant arrêter et déporter les « non-citoyens sans papiers » et autres « suspects » potentiels dans tous les États de l'Union, montrant ainsi sa force et testant ses propres limites. Ils devaient agir rapidement, car l'expulsion des immigrants était au cœur du « programme » de Trump, rebaptisé « mandat » dès qu'il a quitté Mar-a-Lago pour s'installer à Washington.
...dès que j'aurai prêté serment, nous lancerons la plus grande opération d'expulsion de l'histoire de notre pays
Et comment ont-ils procédé ?
Expulsions accélérées
brutalité
humiliation
De janvier à juin, l'ICE a travaillé dans les petites villes et s'est fait discret dans les grandes villes. Ils ont sollicité la coopération locale en vertu de la section 287(g) de la loi sur l'immigration et la nationalité, qui autorise le DHS/ICE à déléguer aux agents des forces de l'ordre locaux et régionaux le pouvoir d'appliquer la loi fédérale sur l'immigration.
Les réactions négatives de la part des forces de l'ordre locales étaient fréquentes. La présence de policiers locaux dans les rues pour harceler les immigrants a détruit les relations communautaires, entravé les initiatives de lutte contre la criminalité et compromis leur mission de sécurité publique. Les procédures anticonstitutionnellesavaientégalement tendance à se multiplier. D'autre part, de nombreux élus ont trouvé formidable de travailler main dans la main avec Washington.
Trump, bien sûr, était partisan. Après tout, c'était lui l'instigateur. Il avait testé les accords 287(g) pendant son premier mandat. Les résultats avaient été controversés. Le programme avait créé autant de problèmes pour la police locale que de victoires pour Trump, qui cherchait à gonfler les chiffres des arrestations et des expulsions.
À partir de février 2025, Trump a attisé les tensions en abrogeant le statut de protection temporaire (TPS) qui protégeait d'importantes communautés immigrées : Vénézuéliens, Haïtiens, Cubains et Nicaraguayens, par exemple. Il a également élargi les procédures d'expulsion accélérée afin d'expulser les non-citoyens résidant aux États-Unis depuis moins de deux ans, ainsi que les migrants identifiés comme « membres de gangs » et inculpés en vertu de l'interprétation déformée de la loi sur les ennemis étrangers (Alien Enemies Act) soutenu par Trump. Certains ont été envoyés au CECOT, le centre de détention pour terroristes au Salvador. D'autres se sont retrouvés dans des pays qui leur étaient inconnus. De toute évidence, pour le gouvernement Trump, ces personnes n'étaient rien de plus qu'un fardeau à éliminer, n'importe où et par tous les moyens.
L'American Immigration Council et l'ACLU se sont plaints, puis ont fini par poursuivre ICE en justice. Trump a persisté. En décembre 2024, il y avait cent trente-cinq accords 287(g) dans 25 États. À la fin du mois de mai 2025, il y avait 645 accords dans 40 États. Au 19 novembre 2025, il y a mille cent quatre-vingts accords 287(g).
Selon les recherches menées par le Deportation Data Project pour le premier semestre 2025, les arrestations ont augmenté dans 13 États, ont doublé ou plus dans 16 États et ont triplé ou plus dans 21 États. Le taux quotidien d'arrestations est passé de moins de 300 par jour sous Biden à 666 par jour sous Trump (juin 2025).
Voyons de plus près un exemple
La période de « exposition de musculature policière » d'ICE a pris fin lorsque Trump a envahi Los Angeles en début juin et pris le contrôle de Washington DC en août. Ces actions ont accéléré et modifié de manière permanente le rythme et durci le style de gestion employé par ICE. ICE existe depuis 2002 en tant que partie intégrante du DHS (Département américain de la sécurité intérieure), fondé cette année-là en réponse aux attentats du 11 septembre 2001. Mais aujourd'hui, ICE a été transformé par la vision de Trump pour son avenir, un projet financé par sa générosité envers le DHS/ICE dans le cadre de son One Big Beautiful Bill, un budget qui s'élève à plus de 170 milliards de dollars pour les quatre prochaines années.
Canton de Cato, comté de Cayuga, État de New York - 4 septembre 2025
Cato est une petite ville du comté de Cayuga, dans l'État de New York, qui compte environ 2,600 habitants. Elle est située à une demi-heure à l'est de Syracuse, à mi-chemin du lac Ontario. Selon Syracuse.com | The Post-Standard, le vice-président d'une entreprise manufacturière de taille moyenne a été bloqué dans l'allée de l'usine par des agents d'ICE assistés par la patrouille frontalière de la ville voisine d'Oswego (une cinquantaine d'agents au total) qui ont envahi le parking de l'usine avant de forcer l'entrée.
Ils ont déclaré au propriétaire de l'usine être munis d'un mandat d'arrêt contre un « criminel violent », mais, curieusement, il s'agissait d'un mandat administratif et non d'un mandat pénal. Après avoir trié les employés par origine ethnique et les avoir classés comme citoyens ou non-citoyens, les agents ont quitté les lieux avec un bus rempli de 69 travailleurs latino-américains, révélant ainsi clairement leurs véritables intentions.
L'une des personnes interpellées possédait un permis de travail légal délivré par les autorités et faisait l'objet d'une procédure d'immigration en cours. Selon un avocat de l'Union des libertés civiles de New York, il n'aurait même pas dû être interpellé. Pourtant, il a été expulsé dans les trois jours suivants – et il n'était pas le seul. « En moins de 72 heures, pas moins d'une douzaine de ces travailleurs ont été expulsés. »
Selon des avocats interrogés par Syracuse.com : « Les travailleurs placés en détention ont été séparés de leurs familles et de leurs avocats afin de leur compliquer la tâche pour faire valoir leurs droits. »
Je pense que cela suffit pour comprendre qu'au moins cette partie de la politique d'immigration de Trump n'est pas sérieuse dans la mesure où elle n'a aucun sens. Les actions de l'ICE ne semblent pas être une tentative de traiter l'immigration comme un problème qui pourrait être résolu, mais comme un problème qui peut simplement être éliminé.
Toute solution sérieuse au « problème de l'immigration aux États-Unis » devrait tenir compte du 14e amendement de la Constitution américaine, qui étend le « droit à un procès équitable » et « l'égalité de protection » à toute personne se trouvant sur le territoire américain.
Trump semble être engagé dans une campagne électorale. Il veut montrer à sa base électorale qu'il tient sa promesse de campagne de 2024 concernant « la plus grande opération d'expulsion de l'histoire de notre pays ». Comme il joue constamment avec la loi, cherchant des failles pour la contourner et atteindre rapidement son objectif, ou souvent simplement pour éviter les « formalités administratives » liées à la gouvernance, il doit s'assurer le soutien de ses partisans en cas d'infraction ou de retour de bâton
Bien que Trump ait déclaré (au moins une fois clairement) qu'il ne se représenterait pas à la présidence, il cherche très probablement à conserver son influence actuelle, quitte à retourner à Mar-a-Lago, car cette influence lui est profitable et lui plaît. De plus, à court terme, il doit maintenir le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants aux mains des Républicains jusqu'aux prochaines élections de mi-mandat afin de poursuivre son instrumentalisation des procédures gouvernementales traditionnelles et d'atteindre ses objectifs. Les Républicains des deux chambres le soutiennent sans aucun doute, mais une surprise lors des élections de mi-mandat pourrait changer la donne.
D'après ce que j'ai pu voir du régime exécutif actuel, Trump et son cabinet, il ne semble pas que ces personnes aient l'intention de partir. Le 22e amendement (celui qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux par candidat) n'est pas particulièrement contraignant, et l'équipe de Trump pourrait facilement jouer avec cet amendement pour tenter de conserver le contrôle. Nous devons également nous rappeler que nier les résultats des élections n'a jamais été un problème pour Trump . Et puis, il y a son goût pour nous imposer des « circonstances exceptionnelles » comme prétexte pour faire tout ce qu'il veut.
Le DHS annonce une aide au voyage et une allocation historiques pour l'auto-expulsion volontaire
Il est étrange que le DHS ait annoncé son programme d'« auto-expulsion » si tardivement : le 5 mai 2025.
Peut-être que c'est simplement le temps qu'il a fallu pour mettre en place le programme, ou peut-être s'attendaient-ils à ce que leurs mesures brutales de « choc et effroi » effraient davantage de personnes et les incitent à émigrer, mais cela n'a pas fonctionné ainsi. Dans l'annonce du DHS, il est mentionné que le « renvoi », y compris l'arrestation, la détention et l'expédition, coûte en moyenne $17,121 par personne, ce qui fait de l'économie d'argent une justification possible pour le nouveau programme.
Dans le titre de leur page web, le programme est qualifié d'« historique ». Ce nouveau programme n'est pas historique, il est trop tard pour prendre ce train en marche. Les populations migrantes ont attiré l'attention du monde pour la première fois vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous la forme de réfugiés. De nouvelles organisations internationales ont été créées pour faire face aux tensions et aux problèmes liés aux déplacements massifs de populations :
1943:Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction (UNRRA)
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1946:Organisation internationale pour les réfugiés(OIR)
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1950:Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés(HCR ou HCNUR)
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1951 : Le Comité intergouvernemental provisoire pour les mouvements migratoires d'Europe (PICMME) est créé pour gérer les besoins migratoires d'après-guerre en Europe. Il fut rebaptisé Comité intergouvernemental pour les migrations européennes (CIME ) en 1952 , puis Comité intergouvernemental pour les migrations (CIM ) en 1980, pour finalement devenir →
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1989 :L’Organisation internationale pour les migrations(OIM).
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1989-1992 : La fin de la Guerre froide et la dissolution de la Russie et de la Yougoslavie ont engendré des bouleversements majeurs en Europe centrale et orientale, provoquant d’importants mouvements de population. Durant cette même période, l’Union européenne s’est structurée et a formalisé sa position sur les migrations. Les pays d’Europe centrale et orientale et les Balkans, traditionnellement sources d’émigration, sont soudainement devenus des pays de transit. Face à ces pressions, les programmes de «retour volontaire assisté» (RVA), parfois appelés programmes « payants pour partir » / "pay-to-go") se sont généralisés dans ces régions. Plus récemment, une facilité de voyager accrue et le changement climatique ont ajouté de nouveaux facteurs et de nouvelles dimensions géographiques au mix.
Tous ces programmes de «retour volontaire assisté» offrent une incitation financière (généralement de $1 000 à $2 000 dollars par personne), la prise en charge des frais de voyage et/ou une assistance pour les déplacements, ainsi qu'une aide pour accélérer les démarches administratives et le départ. Bien que ces programmes soient indéniablement utiles aux participants, ils ne semblent pas augmenter significativement le nombre de départs.
À compter de l'année prochaine, 2026, la Suède, dont le programme AVR existe depuis 1984, augmentera son allocation actuelle de $1 000 par adulte et $500 par enfant à environ $37 000 $ (350 000 SEK) par adulte et $2 600 (25 000 SEK) par enfant, avec un plafond familial de $63 340 (600 000 SEK).
En 2023, leur programme à 1000/500 avait attiré 70 demandes, entraînant le départ d'une personne. Les Démocrates de Suède, un parti populiste de droite, sont devenus le deuxième groupe électoral le plus important lors des élections de 2023. L'immigration était au cœur de leur programme, mais une explication convaincante de l'augmentation soudaine de l'aide financière accordée par la Suède dans le cadre du programme AVR se fait toujours attendre. Pour l'instant, voici ce que nous avons : "We’re basically just trying to help people live their best lives."
Historiquement, l'argent ne s'est pas révélé être un puissant facteur incitant au départ. Au-delà de cela, j'ai trouvé peu d'informations sur les raisons de cette situation, mais nous devons garder à l'esprit que d'autres pays gèrent les immigrants en utilisant une approche axée sur les services sociaux, avec des méthodes et des connaissances développées en interne. Un rapport (2022) de l'Union européenne a clairement indiqué que le conseil avait plus d'effet que l'argent. Sous Trump, bien sûr, c'est ICE, une agence chargée de l'application de la loi, dont l'objectif est l'expulsion et dont le mode opératoire est la brutalité, toute la stratégie étant motivée par l'urgence de Trump d'en faire tout un spectacle . C'est sans aucun doute la principale raison de la tactique de « choc et effroi » des agents de l'ICE de Trump.
Rappelons-nous qu'en mai 1989, Trump s'était publiquement ridiculisé en publiant dans le New York Times, le Daily News, le New York Post et le New York Newsday une publicité incendiaire réclamant la tête des Central Park Five, alors qu'ils venaient tout juste d'être arrêtés (le soir du 19 avril 1989). Ces publicités, d'une valeur de 85 000 dollars, arboraient un titre en lettres capitales qui remplissaient la première demi-page : « Rétablissons la peine de mort ! Rendons-nous notre police !» À l'époque, Trump avait justifié sa décision en disant : « Je veux qu'ils aient peur ! »
Quelqu'un se souvient-il de Trump devant l'église Saint-Jean, une bible à la main, en 2020 ? Ce jour-là, le 1er juin, des émeutes éclataient à Washington pour protester contre le meurtre de George Floyd, et les forces de l'ordre avaient dû dégager Lafayette Square pour que Trump puisse se rendre à l'église sain et sauf pour sa séance photo.
Il s'y est rendu pour prendre une pose dramatique, brandissant une Bible comme pour susciter la crainte et le tonnerre : très Ancien Testament, mais au final, un peu faible – Donald n'avait tout simplement pas assez de la rigueur puritaine nécessaire pour incarner de manière convaincante un véritable Stand-Fast-On-High. Pourtant, aussi laïc soit-il, nous voyons ici que Trump s'identifie au pouvoir iconique d'un Dieu vengeur. Pour reprendre les mots de sa publicité de 1989 : « Rétablissons la peine de mort. Rétablissons notre police ! » Feu et soufre.
Un côté plus sombre
Si nous parlons simplement des programmes d'émigration efficaces, à l'exclusion de tout le reste, le système d'auto-déportation le plus performant était conçu par le régime hitlérien avec l'aide de visionnaires exceptionnels tels que Paul Joseph Goebbels and Reinhard Tristan Eugen Heydrich—plus de la moitié de la population juive a quitté l'Allemagne en l'espace de 5 à 6 ans.
De 1933 à 1938, en ajoutant couche après couche de persécution et de propagande antisémite à l'élimination des droits civiques fondamentaux de la population juive, le parti nazi a exacerbé l'animosité de la population envers les juifs en Allemagne à un point tel que cela a conduit au pogrom de Novembre 1938 connue sous le nom de « Kristallnacht » au cours de laquelle des foules composées de Jeunesses hitlériennes et de civils allemands ont détruit des magasins, synagogues, hôpitaux et écoles dans les communautés juives.
Le lendemain, quelque 30 000 « influenceurs » juifs ciblés bien avant les émeutes, furent arrêtés et et envoyé aux camps de concentration pour être relâcher après 3 mois, une fois promesse faite de quitter l'Allemagne. Les chiffres varient selon les sources, mais entre 60 et 70 % de la population juive d'Allemagne se sont auto-déportés entre 1933 et 1939, soit entre 300 et 360 000 personnes.
Vous avez peut-être remarqué que les deux systèmes d'« auto-déportation, » celui de Hitler et celui de Trump, sont structurellement identiques dans la mesure où le principal moteur d'émigration est une combinaison de brutalité extrême initiée par le gouvernement avec un retrait des droits civils qui provoquent la réduction de l'opportunité. Tout cela contribue à aliéner la population cible de la société pour faire en sorte que tout le monde ciblé se sent aussi démuni et désespéré que possible.
Certains pourraient estimer que cette comparaison est arbitraire. Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer clairement les similitudes après avoir vu une vidéo TikTok d'une action de contrôle et d'arrestation à Washington D.C. lorsque cette ville était sous contrôle fédéral. J'ai vu des suspects se faire arrachés de leur quotidien comme des valises à un porte-bagages avant de se faire jeter par terre pour finir avec un bras tordu derrière le dos et le visage tartiné sur le béton.
Je ne suis pas près d'oublier ce que j'ai vu. Une démonstration de brutalité qui n'était pas seulement une forme ignoble de publicité, un spectacle destiné à effrayer les immigrés afin qu'ils se déportent eux-mêmes avant d'avoir goûté à la même chose, mais la vidéo a également révélé le plaisir que l'auteur des faits prenait à infliger des châtiments corporels qu'il sentait justifiés. C'était un agent d'ICE ( Service de l’immigration et des douanes des États-Unis ), clairement convaincu du bien fondé de ses actes sous le couvert d'un sadisme méritoire.
Je ne vois que deux possibilités pour la découverte de ce type de comportement à la fin d'une chaîne de commandement. Soit les agents d'ICE ont été encouragés à faire preuve d'une telle violence, soit on leur a dit qu'ils ne seraient pas réprimandés pour cela. L'excès de violence est tout simplement trop fréquent dans les arrestations effectuées par ICE en 2025 pour que l'explication soit autre. Rappelons que, de nos jours, la grande majorité des pays traitent le problème de migration par le biais des services sociaux et pas les services d'ordre.
Je suis conscient que le nombre de personnes cherchant à entrer dans notre pays a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie et qu'avec l'intensification du changement climatique, ces chiffres vont encore croître — bref, que la situation est déjà ingérable et ne fera qu'empirer —, mais je refuse de conclure qu'il est temps pour chacun de réduire son regard à un jeu à somme nulle, l'équivalant à déclarer la guerre au reste du monde.
Alors, on en est où là ?
« Bienvenue dans le monde de Trump»?
« Eh bien, NON, merci.»
C’est un type qui a distancé une troupe derrière lui pour devenir président afin d’éviter de payer le joueur de flûte. Puisqu’il ne peut tout simplement pas s'empêcher de tenter sa chance, comment va-t-il sortir des mauvais plans qu'il est en train de manigancer actuellement ? La réponse est : jouer la seule carte qui lui reste—prendre le contrôle du pays. À ce moment-là, nous serons passés de la démocratie à la dictature, ce qui marquera la fin de notre société telle que nous l’avons connue et la chute de la démocratie américaine. Qu'en pensez-vous ?
Reculer pour mieux sauter
…ou peut-être pensez-vous que, en tant que président, Trump contrôle déjà le pays. Ce n’est pas le cas ; il exerce simplement une forte emprise sur le gouvernement. Et il est encore loin d’atteindre la position d’un Poutine ou d’un Xi Jinping qui ont modifié la constitution de leur pays pour supprimer la limitation du nombre de mandats. Certains qualifient cette manœuvre d’« auto-coup d’État ». La formule est peut-être amusante, mais franchement, je ne suis pas d'humeur.